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«Elèves Officiers d’Active de la Promotion Yayi Boni et Elèves Officiers-Médecins de la 4ème Promotion de médecine ; je vous nomme respectivement Sous-lieutenants et Médecins-lieutenants et vous remets les insignes de votre grade».
C’est par cette formule sacramentale et peu après leur prestation de serment - une espèce de vœu de respect de la hiérarchie et de rigueur dans le travail - que le Chef de l’Etat, S.E.M. Laurent Gbagbo, a officiellement inscrit «dans la lignée des Officiers», en leur remettant leurs épaulettes, ce jeudi 29 juillet 2010, à l’Ecole des Forces Armées (EFA) de Zambakro, 130 stagiaires dont 125 Sous-lieutenants (114 ivoiriens ; 2 sénégalais ; 2 béninois ; 3 togolais et 4 guinéens) et 5 Médecins-lieutenants, tous ivoiriens.
Comme la tradition militaire le veut, la fin de chaque cycle est marquée par la remise des épaulettes aux stagiaires sortants et par le baptême des cadets, au nombre de 90, issus de la 41ème Promotion (2009-2011) à venir et dénommée «Amadou Toumani Touré» (du nom du Président de la République du Mali) et ayant pour parrain, M. Lambert Feh Kessé, Directeur Général des Impôts.
Les nouveaux promus, qui sont au terme de leurs 2 années de formation dans ce Centre d’Instruction, ont vu leur sortie rehaussée de la présence du Chef de l’Etat béninois, S.E. Dr. Thomas Yayi Boni, dont cette 40ème Promotion porte l’illustre nom. Arrivé à Yamoussoukro, malgré un emploi du temps chargé, le Chef de l’Etat béninois s’est dit honoré par cette marque de considération.
Pour sa part, et insistant longuement sur les missions qui devront être les leurs, le Ministre de la Défense, M. Michel Amani Nguessan, a appelé les nouveaux Officiers à la rigueur et à la vigilance. «50 ans après leur accession à l’Indépendance, les pays africains ne doivent plus se résoudre à confier la défense de leur souveraineté à des puissances étrangères, dont il ne faut pas se leurrer sur les objectifs réels qui n’ont jamais cessé d’être la défense de leurs intérêts nationaux.
Officiers de la Promotion Yayi Boni, vous devez, dès à présent, en avoir une conscience aiguë au moment où vous allez sortir de l’EFA. […] Car plus que jamais, les peuples africains doivent consacrer leurs forces aux progrès économiques et sociaux qui sont le préalable de l’amélioration de leurs conditions d’existence», a-t-il dit.
Les deux Chefs d’Etat, il convient de le rappeler, ont été accueillis à leur arrivée à Zambakro par le Chef d’Etat-Major des Armées, le Général de Division, Philippe Mangou, qui avait à ses côtés, le Commandant-Ecole, le Colonel-Major, Touré Sékou. Ils ont, ensuite, eu droit aux honneurs militaires, notamment, avec le passage en revue des troupes aux ordres du Chef de Bataillon, Jean-Hubert Ouassénan, par ailleurs, Chef de la Division Formation de cette école qui a, du reste, dirigé l’imposant défilé de fin de cérémonie, sanctionné par un cocktail.
Depuis sa création en 1963, l’EFA a formé en tout 1656 officiers qui proviennent de 11 pays dont 421 officiers pour l’année 2009-2010. Pour toutes ces raisons, elle est qualifiée de «trait d’union entre les officiers africains». Le Président Yayi Boni est le 7ème chef d’Etat dont une promotion sortante porte l’illustre nom.
De nos Envoyés Spéciaux à Yamoussoukro
AZIA Varlet (Textes)/ KOUAKOU Aubin (Photos)
DECLARATIONS A L’ISSUE DE LA CEREMONIE
S.E.M. YAYI Boni (Président du Bénin)
«Nous sommes en train de nous interroger sur l’avenir de nos Nations au cours des 50 prochaines années. Nous invitons ces promus à la réflexion. Mais, naturellement, ils doivent renforcer d’abord ce que nous appelons dans nos pays l’Armée républicaine.
Je profite de l’occasion pour remercier le Président Gbagbo et dire que la Côte d’Ivoire est au cœur de notre dynamique d’intégration économique et monétaire et que cette école est pour nous un pôle d’excellence. Le Bénin se dit disposé à aider à accroître sa crédibilité».
M. Désiré DALLO (Directeur Général du Port de San Pédro/Parrain de la Promotion sortante)
«Je suis très fier de ce qui vient de se dérouler. J’ai assité au baptême de la 41ème promotion et à la pose d’épaulettes de la 40ème promotion «Boni Yayi» des Elèves Officiers d’Active dont je suis le parrain.
Cela a été un honneur pour moi d’être présent à cette cérémonie et d’avoir été choisi par ces jeunes Officiers pour guider leurs pas dans la vie professionnelle».
LIRE L’INTEGRALITE DE L’ALLOCUTION DU MINISTRE MICHEL AMANI NGUESSAN A L’OCCASION DE CETTE DOUBLE CEREMONIE
Excellence Monsieur le Président de la République du Bénin ;
Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire ;
Messieurs les Présidents des Institutions ;
Mesdames et Messieurs les Ministres ;
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs ;
Monsieur le Préfet de Région ;
Monsieur le Gouverneur du District de Yamoussoukro ;
Monsieur le Maire de Yamoussoukro ;
Monsieur le Général de Division, Chef d’Etat-major des Armées ;
Monsieur le Général de Division, Commandant Supérieur de la Gendarmerie Nationale ;
Monsieur le Général de Division, Commandant les Forces de l’ONU ;
Monsieur le Général de Division, Commandant les Forces de l’Opération Licorne en Côte d’Ivoire ;
Messieurs les Officiers généraux ;
Mesdames et Messieurs les Officiers, Sous-Officiers et militaires du rang ;
Honorables Chefs Traditionnels ;
Chers invités ;
Mesdames et Messieurs ;
Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire, une fois encore, c’est avec un grand bonheur que j’ai l’honneur de parler à l’Ecole des Forces Armées devant vous, bien que je sois persuadé de la délicatesse de l’épreuve, en raison de la pertinente vigilance de vos connaissances en ce qui concerne les questions militaires.
Excellence Monsieur le Président de la République, certes, mon honneur et mon bonheur sont grands, mais l’excercice de ce matin est plus difficile et plus rude dans la mesure où vous avez à vos côtés votre homologue de la République du Bénin, Son Excellence Monsieur Yayi Boni.
La République du Bénin, bâtie sur les fondations du Royaume du Dahomey du Grand Béhanzin, irréductible et farouche adversaire des troupes de la conquête coloniale française. Le Roi Béhanzin et ses intrépides amazones dont l’histoire garde encore les prouesses.
Son Excellence Monsieur le Président Yayi Boni, héritier d’un passé si glorieux, ne peut qu’être un initié quand il s’agit des questions militaires. Mais, on sait, par ailleurs, qu’il a plusieurs cordes à son arc puisqu’il est un éminent économiste qui a donné la pleine mesure de ses compétences à la Banque Commerciale du Bénin (BCB), à la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et à la Présidence de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD). C’est pourquoi, ma tâche est doublement délicate.
Les Officiers, qui reçoivent les épaulettes ce matin, ici à l’EFA de Zambakro, ont vu juste en choisissant de s’appeler «Promotion Yayi Boni». Assurément, leur choix n’obéit pas à un simple effet de mode. Bien au contraire, tout indique que les Officiers de cette 40ème promotion de l’EFA ont décidé de porter le nom d’un fils de l’ancien glorieux Dahomey, aujourd’hui République du Bénin, que le peuple béninois a choisi de porter à sa tête en raison de ses qualités et de son aptitude à se montrer digne de l’histoire de son pays.
Excellence Monsieur le Président de la République du Bénin, dès sa création, l’EFA préfigurait l’intégration africaine, puisqu’elle a immédiatement ouvert ses portes à Bouaké, aux Elèves Officiers de tous les pays africains.
Aujourd’hui, les Officiers africains qui ont fait leur classe dans cette école se comptent par milliers. Cette vocation ne s’est pas interrompue, même pendant la période de ses pérégrinations qui, pendant la crise, l’ont fait voyager de Bouaké à Abidjan, puis ici à Zambakro.
Monsieur le Président, à l’EFA, vous êtes à un trait d’union entre les pays africains dans le domaine de la formation des Officiers dont la mission est de défendre l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale. Onze (11) Officiers originaires de pays africains frères figurent dans la promotion qui porte votre illustre nom.
Cinquante ans après leur accession à l’Indépendance, les pays africains ne doivent plus se résoudre à confier la défense de leur souveraineté à des puissances étrangères, dont il ne faut pas se leurrer sur les objectifs réels qui n’ont jamais cessé d’être la défense de leurs intérêts nationaux.
Officiers de la Promotion Yayi Boni, vous devez, dès à présent, en avoir une conscience aiguë au moment où vous allez sortir de l’EFA.
En ce début du Troisième millénaire, les menaces qui pèsent sur les Etats africains sont nombreuses et multiformes.
Chers jeunes Officiers, dans la défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de vos pays, vous serez peut-être confrontés aux formes classiques des guerres inter-Etats. Il ne faut pas les souhaiter. Car plus que jamais, les peuples africains doivent consacrer leurs forces aux progrès économiques et sociaux qui sont le préalable de l’amélioration de leurs conditions d’existence.
Mais, vous serez inéluctablement confrontés à d’autres formes de guerres plus pernicieuses et donc plus difficiles, parce que l’ennemi n’est pas face à vous, visible à l’œil nu, comme aux temps des guerres napoléonniennes.
Votre rôle sera de puiser dans les connaissances que vous avez acquises à l’EFA et dans votre expérience pour vaincre l’ennemi, quelles que soient les formes sous lesquelles il attente aux souverainetés des Nations.
La Côte d’Ivoire sort d’une crise sans précédent dans sa jeune histoire. Les Ivoiriens ont soudainement réalisé que «ça n’arrive pas qu’aux autres».
Au moment où le pays sort de la crise, les Institutions de la République, y compris l’Institution militaire, doivent entrer en elles-mêmes pour saisir et comprendre la place et le rôle qui ont été les leurs pendant la longue traversée du désert.
Comment reconstruire durablement ce qui a été détruit ? Cette question doit être au cœur de la problématique qui se pose à toutes les femmes et à tous les hommes qui appartiennent à l’Institution militaire, qu’ils soient dans les rangs des Forces Régulières ou des Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN).
Alors seulement, on pourra parler de victoire, la victoire de tous, la victoire de la Côte d’Ivoire sur elle-même.
Officiers de la Promotion «Yayi Boni», je vous souhaite une carrière pleine de lauriers, quels que soient les cieux sous lequels vous serez appelés à servir. Détournez-vous des tentations du gain facile qui est vain puisqu’il est éphémère et ne dure qu’un temps qui fuit aussi vite qu’il est venu.
Seule une carrière construite par le travail, à la sueur du front, dure plus longtemps et survit au soldat.
Excellence Monsieur le Président de la République du Bénin, Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire, mes derniers mots ne peuvent être que pour vous. Veuillez trouver, ici, l’expression de la reconnaissance et des remerciements les plus vifs de toute l’Institution militaire ivoirienne que votre présence honore.
Vive l’Ecole des Forces Armées de Zambakro ;
Vive le Bénin ;
Vive la République de Côte d’Ivoire ;
Vive l’amitié Ivoiro-béninoise pour le triomphe d’une Afrique nouvelle, forte et prospère.
MICHEL AMANI NGUESSAN, MINISTRE DE LA DEFENSE.
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